Gestion des biogaz

implantation

 

Qu’est-ce que le biogaz?

LTorchère-1orsque les matières résiduelles sont disposées dans un lieu d’enfouissement, la matière organique qu’elles contiennent est décomposée par des microorganismes et amène la formation de biogaz en absence d’oxygène. Le biogaz est principalement constitué de méthane (CH4) et de dioxyde de carbone (CO2) et pourrait être comparé à du gaz naturel dilué. Ce gaz incolore contient également de nombreux composés en traces dont certains sont odorants. Le principal composé odorant est le sulfure d’hydrogène qui possède une odeur caractéristique d’oeufs pourris.

Compte tenu de la capacité du LET et du taux d’enfouissement annuel de matières résiduelles (moins de 50 000 tonnes métriques), la RIDR n’est pas tenue en vertu du REIMR d’effectuer une gestion active des biogaz produits. Ceci est également vrai pour le LES (lieu d’enfouissement sanitaire) adjacent, celui-ci ayant été exploité en vertu du Règlement sur les déchets solides (RDS). Ce règlement ne comportait aucune exigence relativement à la gestion et la surveillance des biogaz.

Comme la gestion active des biogaz sur le LET de la RIDR n’est pas requise, le programme de surveillance des biogaz est composé de la vérification de la présence de méthane dans huit puits de surveillance aménagés dans le sol en périphérie du LET ainsi qu’à l’intérieur des seize bâtiments et infrastructures présents sur la propriété.

Captage des biogaz

Quoique non requis en vertu de la réglementation, un système de gestion active des biogaz a été aménagé de façon volontaire sur le LES en 2009. Les biogaz captés par les puits verticaux sont acheminés de façon mécanique vers une torchère à flamme invisible qui assure leur destruction. Une fois brûlé, le méthane se transforme en CO2, et est 21 fois moins dommageable que celui laissé à l’air libre.

Ce projet a été réalisé dans le cadre du Programme Biogaz du MDDELCC et a permis une réduction volontaire des émissions de gaz à effet de serre de 70 500 tonnes CO2e (CO2 équivalent) de 2009 à 2013. Cette réduction est équivalente au retrait de la circulation de plus de 3500 véhicules par année. Ce projet a également permis de contrôler la problématique de migration dans le sol et vers les bâtiments, des biogaz produits dans le LES. En effet, le programme de surveillance environnementale des biogaz a démontré le respect des exigences du REIMR depuis ce temps.

Participation volontaire au nouveau Marché du Carbone maintenant en vigueur au Québec

Suite à la conclusion du Programme Biogaz et l’avènement du nouveau Marché du Carbone au Québec, la réduction volontaire des émissions de gaz à effet de serre se poursuit sur le LES. Le projet a permis une réduction de 33 558 tonnes CO2e de 2014 à 2016, soit l’équivalent du retrait de la circulation de plus de 2800 véhicules par année. Un projet similaire a été mis en oeuvre sur le LET où un système actif de gestion des biogaz a été aménagé en 2014. La mise en service des équipements a eu lieu en décembre 2014.

Comme le LET est en exploitation, l’implantation des infrastructures de soutirage est graduelle (3 puits en 2014 et l’ajout de 7 puits en 2017). Une réduction volontaire des émissions de gaz à effet de serre de 3335 tonnes CO2e a été obtenue entre la mise en service en décembre 2014 jusqu’au 31 décembre 2016.

Voir le sommaire de WSP sur la gestion des biogaz  (juin 2016) Sommaire de WSP

Étude de la dispersion atmosphérique des odeurs

La RIDR a publié un appel d’offres pour la réalisation d’une étude d’impact pour son site d’enfouissement et le futur centre de compostage fermé. Suite au processus d’appel d’offres, la RIDR a mandaté la firme Odotech pour réaliser ces deux études. Ces études permettent d’évaluer les sources d’émission d’odeurs et de prévoir, le cas échéant, des mesures d’atténuation.

Dans un premier temps, Odotech a procédé à une caractérisation des odeurs émises par les différentes sources d’émissions du site. Les résultats de la caractérisation ont servi d’intrants pour l’étude de modélisation du site d’enfouissement. Dans le cas de l’étude de modélisation du futur centre de compostage, ce sont les données de la conception préliminaire couplées à des taux d’émission fixés par le MDDELCC qui servent d’intrants pour la modélisation.

Les concentrations odeurs aux percentiles 99,5 et 98 pour l’ensemble de la période d’étude ont été évaluées. Les résultats ont entre autres été étudiés au niveau des récepteurs discrets tels que définis par le MDDELCC, c’est-à-dire les premiers voisins résidentiels ou lieux publics, aux fins de comparaison avec les objectifs de réduction des nuisances olfactives.

Pour le site dans sa configuration actuelle sans les activités de compostage envisagées, la concentration odeur au percentile 99,5 aux récepteurs discrets varie entre < 1 et 19 u.o./m3. La concentration odeur au percentile 98 maximale aux récepteurs discrets varie entre < 1 et 6 u.o./m3.

Au Québec, il n’y a pas de norme provinciale pour les odeurs. Il existe des objectifs de réduction des nuisances olfactives visant les activités de compostage (MDDEP, 2012) et les activités de biométhanisation (MDDEP, 2011). À titre comparatif, les résultats indiquent que, dans les conditions de modélisation étudiées, les objectifs de réduction des nuisances olfactives du ministère ne sont pas respectés pour le site d’enfouissement dans sa configuration actuelle. En effet, aux récepteurs discrets, les concentrations odeurs maximales calculées aux percentiles 99,5 et 98 dépassent les valeurs limites respectives de 5 et 1 u.o./m3.

La contribution de chacune des sources à l’impact odeur du site a également été évaluée. Il en ressort que la couverture de sable du LET est la source qui contribue le plus à l’impact odeur hors site selon les conditions observées lors des jours des mesures. Ensuite, le bassin d’accumulation contribue également de façon non négligeable aux nuisances olfactives dans le voisinage. Le LES contribue de façon moindre à l’impact odeur du site dans le voisinage selon les conditions au site les jours des mesures. Enfin, le front d’enfouissement de déchets, les piles de compost, les bassins d’aérations 1 à 4, la torchère ainsi que les milieux filtrants ont une contribution plutôt faible à l’impact odeur hors site par rapport aux trois sources précédemment identifiées.

Tableau des sources d’odeurs pour le LET 

Tableau des odeurs

 

 

 

 

 

 

 

Pour le futur site de compostage, la concentration odeur au percentile 99,5 n’atteint pas le seuil de perception des odeurs (1 u.o./m3) au niveau des récepteurs discrets. Il en est de même pour la concentration odeur au percentile 98 aux récepteurs discrets. À titre comparatif, les résultats indiquent que, dans les conditions de modélisation étudiées, les objectifs de réduction des nuisances olfactives du ministère sont respectés pour le futur centre de compostage.

Sur la base des résultats de cette étude, Odotech recommande :

  • De prioriser la couverture de sable du LET et le bassin d’accumulation dans un plan de gestion des odeurs.
  • De prévoir également un suivi régulier des concentrations odeurs aux sources afin d’évaluer la variabilité des émissions de chacune d’entre-elles.
  • En cas de plaintes pour nuisances olfactives, de colliger l’ensemble des informations pertinentes dans un registre dédié à cet effet, de déterminer les opérations en cours au moment de la plainte  et de vérifier sur place la nuisance.

Cliquez sur les liens suivants:

Rapport complet de l’étude de dispersion des odeurs pour le site actuel et le futur site de compostage

Résumé de l’étude de dispersion des odeurs pour le site actuel et le futur site de compostage