Étude et contrôle des oiseaux indésirables

La gestion des nuisances est une activité quotidienne sur le site de la RIDR. Plusieurs actions sont réalisées afin de réduire les nuisances en lien avec l’enfouissement depuis ces dernières années.   Une de ces nuisances est la présence indésirable d’oiseaux.

Étude des effectifs d’oiseaux et de leurs comportements (2011)

Afin de bien connaître la problématique de la présence indésirable d’oiseaux sur le site, la RIDR a réalisé une étude sur les effectifs d’oiseaux et leurs comportements. Les visites ont été effectuées entre octobre 2009 et septembre 2010 et a permis de constater la grande prépondérance des goélands versus les autres espèces (corbeaux, corneilles, étourneau sansonnet, urubu à tête rouge, pygargue, etc).

Deux espèces de goélands se retrouvent sur le site à des périodes différentes, le Goéland à bec cerclé qui est présent d’avril à fin août et suite à son départ progressif, il est supplanté par le Goéland argenté qui est présent du mois d’août au mois de novembre. Aussi, l’étude démontre la présence d’adultes principalement d’avril à septembre qui est supplantée par la présence d’immatures d’août à novembre. Selon l’étude, les deux espèces de goélands utilisent le site de la RIDR principalement comme aire de repos et site d’alimentation.

Résumé de la présentation de Services Environnementaux Faucon, mai 2017 (Format PDF 1 878 ko)

Étude des effectifs d’oiseaux et de leurs comportements – décembre 2010 (Format PDF 5 509 ko)

Étude continue des populations

Suite à l’étude, les employés de la RIDR ont été formés par Services Environnementaux Faucon afin de poursuivre le décompte des goélands et caractériser la nuisance potentielle. Au cours des dernières années, une diminution du nombre de goélands à la RIDR a pu être observée grâce aux mesures de contrôle

ayant été implémentées. La moyenne maximale hebdomadaire est passée de 623 goélands lors de l’étude (2009-2010) à 364 en 2012 et 237 en 2016. Malgré les efforts de gestion dirigés vers les goélands, les riverains des lacs environnants (Labelle, Lacoste, Marsan, Nominingue) notent parfois la présence de goélands. En 2016, jusqu’à 1,000 goélands ont été comptés au lac Labelle, alors que les mentions habituelles pour tous les lacs sont généralement moins d’une centaine d’individus.

Une tendance à la diminution des populations de goélands a également été observée au cours des dernières années, d’abord par le Service canadien de la faune (Environnement Canada), qui a noté un déclin des colonies de goélands dans la région montréalaise. Cette tendance a aussi été observée à un grand site d’enfouissement de la région de Montréal, où le nombre d’individus utilisant le LET diminue généralement chaque année.

Graphique sur la moyenne maximale du dénombrement des goélands au site de la Régie de 2010 à 2016.  Cliquer sur le lien suivant:  Graphique

Nuisances potentiellement engendrées

De façon générale, la présence de goélands sur un LET peut poser des problèmes au niveau de la sécurité des employés et de la gestion des opérations et c’est une des principales raisons pour laquelle ils sont contrôlés dans les LET. Lorsque de nombreux goélands sont présents en train de se nourrir sur le front de déchets, cela peut obstruer la vue des conducteurs de camion et d’équipement lourd. Le nombre de goélands présents et la nuisance engendrée varie en fonction des saisons, des conditions météorologiques et des efforts de contrôle. Lorsque les goélands sont contrôlés sur un LET, ils peuvent difficilement s’y nourrir pendant les opérations. De ce fait, ils restent à proximité du site en attente d’une opportunité d’aller se nourrir. Ils fréquentent alors les zones de repos ou restent en vol au-dessus du site. Autrement, les individus vont fréquenter les petits lacs adjacents ou les champs avoisinants. Ainsi, les goélands font régulièrement des va-et-vient entre ces milieux et la zone d’enfouissement.

Cela peut entraîner d’autres problématiques plutôt liées à la salubrité des résidents aux alentours. Les goélands, et leurs fientes en particulier, sont reconnus comme étant des vecteurs de différentes maladies transmissibles à l’humain. Par exemple, ils sont porteurs de Campylobacter sp., Escherichia coli, mais, peuvent également avoir de faibles concentrations de Salmonella sp. Néanmoins, l’analyse de plusieurs études a montré que les concentrations de ces agents pathogènes seraient bien en dessous de leurs seuils infectieux respectifs, en fonction de l’achalandage et de la fréquentation des plans d’eau. Bien qu’il n’y ait que très peu de chances d’avoir une infection transmissible par les goélands, il est connu que la qualité de l’eau peut dépasser les normes sanitaires de baignade lors d’une grande fréquentation par des goélands ; c’est généralement la crainte principale des citoyens riverains.

Une autre nuisance parfois mentionnée par des citoyens vivant à proximité d’un LET est le transport de déchets par des goélands à proximité de leur propriété. Or, les goélands n’ont pas de pattes préhensiles et ils n’ont donc pas la capacité de tenir des objets dans leurs pattes. Il n’est toutefois pas exclu que des déchets restent pris dans les pattes des goélands ou bien qu’ils en transportent dans leur bec, ce qui pourrait expliquer les déchets observés par les citoyens. Finalement, une autre nuisance parfois soulevée par des citoyens, d’origine sonore cette fois, concerne les cris des oiseaux (plus souvent les corneilles et corbeaux que les goélands) ou les tirs de pyrotechnie.

Stratégies de gestion proposées et mises en place

Un programme de gestion des goélands a été présenté lors de l’étude réalisée par Services Environnementaux Faucon (2011) et adapté chaque année depuis, afin de minimiser la présence des goélands sur et à proximité du site de la RIDR. L’objectif principal de ce programme est de gérer la nuisance potentielle que représentent les goélands lors de leurs déplacements entre leurs aires de repos et d’alimentation.  SEF a proposé une approche par phases, modulable et qui permet de s’adapter en fonction de la réponse des goélands vis-à-vis de la stratégie mise en place.

Phase 1 : Stratégie d’aménagement et de suivi (fait)

  • Dénombrement des goélands (action continue depuis 2010);
  • Végétalisation des aires ouvertes pour réduire les sites de repos à proximité (deuxième attrait).

Phase 2 : Stratégie d’aménagement, d’effarouchement et de suivi (partiel)

  • Formation d’un comité de vigilance des goélands pour répondre aux besoins et attentes des entités touchées (depuis 2012)
  • Mise en place de la ligne téléphonique pour mieux identifier la nuisance (niveau atteint, responsabilité de la RIDR, zones touchées, citoyens concernés) (depuis 2016)
  • Recouvrement total du front déchets pour complètement bloquer l’accès à la ressource alimentaire (à partir de 2017)
  • Utilisation de la pyrotechnie pour empêcher les goélands de se poser sur/à côté des déchets. (depuis 2016)

Phase 3: Stratégie d’effarouchement total (Futur)

  • Effarouchement total en utilisant la fauconnerie, la pyrotechnie et les cris de détresse pour exercer une menace réelle et constante sur tout le site.

Résumé des actions déjà mises en place

  • Dénombrement des effectifs de goélands (action continue depuis 2010)
  • Réduction des aires de repos par la mise en place de monofilament au biosor (action continue depuis 2011)
  • Utilisation de toiles de recouvrement (action continue depuis 2012)
  • Ligne téléphonique « Goélands » (action continue depuis 2016)
  • Utilisation de la pyrotechnie (action continue depuis 2016)

 

Évaluation d’actions pour 2017

  • Projet-pilote d’utilisation d’un laser,
  • Utilisation de la pyrotechnie de façon intensive.

Par l’ensemble de ces actions et leurs résultats à ce jour, la RIDR est confiante de réduire les nuisances reliées à la présence indésirable d’oiseaux en exerçant une menace réelle et constante sur son site.